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Croyance magique ou réalité ?

Noël, jour de mélancolie pour les uns, de célébration pour les autres. Noël fait partie de notre culture et de ce fait a imprimé au fond de nos cœurs les histoires de nos familles. Nous les transportons dans nos valises invisibles de génération en génération. Un beau jour, elles craquent sous la pression d’une quantité faramineuse de souvenirs. Et le petit Jésus en prend pour son rhume lorsqu’on donne son 4% au sapin de Noël. Exit les symboles, la magie.

Sylvie BergeronPar Sylvie Bergeron, auteure, coach, conférencière, éditrice, fondatrice de l’Observatoire de psychologie évolutionnaire, conceptrice de la formation d’autocoaching Le Créateur®

Pour d’autres, cette fête est une célébration incontournable, le temps d’un repos du corps, de l’esprit, voire même l’occasion d’un rituel qui réjouit l’âme. La continuité rassure, la dinde aussi ! Mais surtout la famille autour de la table. Comme si on ne pouvait dissocier Noël de la marmaille et autres convives. C’est certain que les personnes seules, les familles détruites n’ont pas ce même élan pour les traditions. Mais cela n’empêche personne de croire.

Croire. Peu importe en qui ou quoi, croire est un phénomène culturel. Au début de notre histoire, les superstitions concernant les Dieux de la moisson ou du soleil ou de la pluie donnaient d’intenses sueurs froides aux agriculteurs. Ils se sentaient à la merci de ces forces qu’ils ne pouvaient s’expliquer. Les religions sont arrivées avec leurs codes d’usage, ce qui a rassuré l’humanité. Enfin un livre d’instruction. Et puis, les gens ne se sont pas méfiés des interprétations, des jeux de pouvoir d’une église qui s’est constituée en institution éventuellement écrasante pour les peuples. Lorsque le pape se prend pour un roi, il tend à abuser des fidèles, les prenant pour ses sujets.

Croire nous cloisonne dans deux positions opposées : soit on ne questionne pas la tradition qui a fomenté la croyance soit on attend la preuve de ce qu’elle propose. Croire nous situe entre la naïveté et le scepticisme. Dans ces deux positions, il y a peu de place pour être réellement soi.

Croire est lié au besoin d’être rassuré à propos de choses qui nous semblent mystérieuses. À ce jour, même la science ne parvient pas à nous expliquer Dieu et les religions s’arrachent le monopole de la vérité. À côté de ça, de plus en plus de personne se posent des questions existentielles, se demandent qui elles sont réellement. On peut constater que lorsqu’un être se rapproche de lui-même, il se connecte mieux à sa source.

Croire en soi nous amène nécessairement à sortir du conditionnement d’être dominé par une  force invisible, punitive ou bienfaitrice. Croire en Dieu, aux anges est gravé dans la mémoire collective. Tous les peuples marqués par les grandes religions ont été déterminés par les rituels et fêtes associées à leur institution. Les religions ont généré les différentes cultures sur la terre. C’est difficile de ne pas marquer son enfant par nos croyances. Même si nous nous appliquons à ne pas l’influencer, l’enfant apprend par mimétisme. Ainsi depuis notre tout jeune âge, il fut entendu que mimer l’autre pouvait nous apporter une identité. Un beau jour, cette valise identitaire craque parce qu’un souvenir n’est pas réel. Du coup, on ne sait plus qui on est.

Ne plus savoir qui on est fait partie de ce qu’on appelle la crise existentielle qui conduit à un grand réveil. C’est le seul moment dans la vie d’un être où le conditionnement fait place à la réalité du vide. Au Québec, nous avons collectivement vécu une crise existentielle qui nous a poussés à rejeter l’Église d’un bloc. Notre laïcisation a commencé dans les années soixante. Cette révolution des croyances religieuse brassait les mœurs dans la majeure partie de l’Europe et en Amérique du Nord.  C’était l’époque naissante du New Age, des hippies, de la drogue et de la libération sexuelle et… leurs conséquences pandémiques dont le VIH fut le plus fulgurant choc jamais connu sur ce plan. De quoi réveiller ! Avec le recul, on peut clairement s’apercevoir qu’une croyance appelle nécessairement la déresponsabilisation de soi. Les années 70 furent éloquente en nous démontrant comment nous pouvons nous perdre dans une spiritualité basée sur la croyance magique.

Il est vrai que croire a une vocation d’escapade qui permet à l’être de survivre à bien des épreuves. C’est une forme de naïveté qui donne l’illusion qu’une certaine magie va régler ses problèmes, ce qui englobe l’idée qu’une force ou un Être supérieur exaucera nos prières, nos demandes. La croyance peut malencontreusement mener au déni du réel. Mais sans elle certains auraient de graves problèmes de santé mentale. C’est pourquoi il faut respecter les gens qui en ont besoin. En fait, notre société souffre de plus en plus de ce fléau. Les préjugés n’ont pas leur place dans ces circonstances. L’épidémie ne fera que s’accroitre parce que la société matérialiste coupe l’être de son essence et par là, sa vie n’a plus de sens. Une crise est toujours salutaire.

Ainsi les gens attachés à leur tradition religieuse devront aussi respecter ceux qui, de plus en plus nombreux, commencent à comprendre les limites de toute forme de croyance. Nous avons besoin de passer par cette rupture pour comprendre la différence entre une croyance et la réalité du Soi. Cette réalité exige que le petit moi devienne apte à s’apercevoir de sa propre grandeur, en toute humilité, ce, sans l’intermédiaire d’une institution. Dans cette étude, bien au-delà de la représentation de Dieu en tant que croyance, l’être entre alors dans l’expérience de sa réalité invisible pour en étudier les mécanismes.

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A propos de l'auteur

Sylvie Bergeron a complété des études en psychologie, danse, littérature, médecines alternatives et science mentale. «L"individu qui évolue change le monde» S.B. LE CHOC Après mes ...

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