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ALANIS MORISSETTE

J’ai parfois été envahie, au cours des années, par le flot de mes émotions, la somme de mes questions et la furieuse passion par laquelle ces dernières étaient attisées.

Entretien avec Alanis Morissette

J’ai parfois été envahie, au cours des années, par le flot de mes émotions, la somme de mes questions et la furieuse passion par laquelle ces dernières étaient attisées.
Durant toute ma vie, ces questions ont touché un éventail de sujets… de «qui est dieu et où irai-je en mourant »? à «qu’est-ce que je fais ici ?», de «pourquoi est-ce que je déteste autant mon corps ?» à «pourquoi tant de honte à propos du sexe ?» en passant par «pourquoi la guerre ?»… d’innombrables questions !

J’ai bouillonné de résistance devant les réponses de l’école et des gens auxquels on me référait. Certaines me faisaient vibrer et m’encourageaient. Mais bien d’autres m’adressaient un message du genre : nous n’avons pas le choix, c’est le patriarcat, la vie n’a qu’une seule raison d’être, sur laquelle nous devons nous concentrer pour réussir (et certaines de ces réponses donnaient une définition de la «réussite »).

J’y retrouvais des messages d’intolérance et de jugement, d’exclusion et de compétition, tous en porte-à-faux avec mes sentiments. Ils semblaient confus et trompeurs, incohérents et hypocrites. Et pourtant, ces opinions formaient la base de ce qu’on m’enseignait. On me signalait que nous étions séparés, que nous étions meilleurs ou pires que les autres, qu’il y avait une telle pénurie de tout qu’il fallait nous battre pour en avoir le plus possible, qu’il était mal de désirer autre chose que ce que mes enseignants, ma communauté ou la société trouvaient bien.

Ces messages et beaucoup d’autres, je les absorbais… non pas sans résistance ni confusion, et je les essayais tout de même, comme des vêtements, à certains moments. quelques-uns pendant une milliseconde, avant de les écarter, d’autres pendant des années, et je finissais aussi par les balayer. il y en a d’autres que je retourne encore dans ma tête.

À l’époque, j’ai également choisi de ne pas revenir à la religion que j’avais abandonnée, dès l’âge de 12 ans, parce que je percevais l’hypocrisie de ses messages, sa rigidité et son exclusivité.
Le plus difficile, en la quittant, avait été de devoir établir une relation entièrement nouvelle avec dieu. faute de religion, je ne savais pas par où commencer. et même si j’étais croyante, j’ai mis des années, après mes adieux à la religion, à me relier à nouveau d’une façon claire et juste à mon dieu redéfini.

Un jour, après une tournée d’un an et demi, alors que j’étais assise seule dans mon jardin, un lieu où j’aime me reposer pour réfléchir, un conflit intérieur a jailli de mon double sentiment : je me sentais à la fois remplie d’une reconnaissance indescriptible pour avoir créé et vécu tout cela, et mal à l’aise, renversée et désillusionnée de voir à quel point ces mêmes expériences me plongeaient dans l’isolement et la séparation (parmi bien d’autres choses).

J’avais atteint tout ce que ma famille et le monde en général m’avaient incitée à atteindre. en réfléchissant, je réalisai que ces accomplissements semblaient résulter naturellement de mes efforts, à leur tour motivés par bien des choses différentes.

de ces motivations, deux me paraissaient plus évidentes que les autres : la première (et la plus forte) était mon désir de m’exprimer et de me comprendre honnêtement, ainsi que de comprendre le monde dans lequel je vivais. j’avais ensuite le désir de partager cet amour et ces visions personnelles avec des gens, car j’avais aussi le sentiment que cela pouvait valider leurs expériences et leur offrir encouragement ou réconfort, s’ils appréciaient.

J’avais l’impression qu’en nous découvrant des expériences similaires, nous nous sentirions plus proches. et qu’en faisant preuve de compassion à mon égard, je pourrais inspirer d’autres gens à agir ainsi envers eux-mêmes. tout au moins, cette expression leur permettrait de se définir selon ce qu’ils aimaient ou détestaient.

Je voulais également travailler sans compter, intriguée par l’état dans lequel me plongerait le succès que la société m’obligeait à atteindre afin d’être considérée comme une personne à part entière.

à ce stade de ma vie, même si j’avais fait l’expérience de ce que la société jugeait être le pinacle, je sentais qu’il me manquait quelque chose et j’étais déterminée à découvrir de quoi il s’agissait.

Je suis alors partie pour l’Inde, avec l’intention de prendre mes distances vis-à-vis de ces contraintes à produire à un rythme insensé. je voulais réfléchir et me détacher autant que possible de ma vie.
à un ami, je dis en plaisantant que j’allais en Inde pour faire ce que j’aurais pu faire dans mon jardin, mais que ce serait plus facile dans un endroit où je n’entendrais pas la question «quand est-ce qu’il sort, votre prochain disque ?» (une question inoffensive en soi, mais qui n’améliorait pas ma situation à l’époque).

Et surtout, en allant en Inde, je suis entrée en moi et, même si cela ne m’était pas entièrement inconnu, je n’y étais jamais allée aussi loin. ce que j’ai découvert fut un paysage encore plus éblouissant que celui de tous les pays que j’avais visités.

j’ai donc entrepris ce voyage au propre et au figuré, après ma première dose de célébrité, après avoir acquis mon nouveau statut, après avoir manifesté mon expression la plus vraie et en avoir ressenti tous les effets.

Propulsée par le désir de ressentir une sorte de paix qui m’était inconnue, je voulais vraiment lâcher prise. sur tout. j’étais déterminée à laisser tomber tous mes biens matériels, le moindre symbole de statut. je me sentais prête à faire tout le nécessaire pour fracasser les illusions et trouver cette paix. j’étais même prête à laisser tomber tout désir de m’exprimer par l’écriture et la musique, formes d’expression dans lesquelles j’allais chercher un si grand réconfort dès mon plus jeune âge.

Tout cela pour dire que j’étais résolue à trouver la paix à tout prix, tout en me demandant bien comment.

J’avais essayé un tas de choses qui ne fonctionnaient pas et je ne ressentais pas la joie à laquelle je croyais avoir droit (et il s’avère que le dénuement n’était pas la solution pour trouver la paix et la clarté… et qu’en réalité, c’était la volonté d’effectuer le nécessaire et mon ouverture au fait de grandir sur des terrains très peu familiers qui, je crois, ont le plus contribué à me faire ressentir tout cela).
J’étais prête à abandonner toutes les attentes, les miennes ou celles que d’autres m’avaient créées. pour voir qui étaient mes vrais amis, j’ai réévalué chaque amitié. je me rappelle avoir dit à l’un d’eux, à un moment donné, que je me demandais s’il était temps que je meure, car j’avais l’impression de vivre une sorte de mort (vraisemblablement, ce n’était pas le cas et j’en suis contente). j’ai examiné les voix qui rejouaient dans ma tête des messages dépourvus d’amour (et je m’adonne encore au montage de ces bandes).

Je voulais avoir une idée claire de ma véritable raison d’être : évoluer, m’exprimer, me définir, m’accepter, m’aimer et faire de mon mieux pour honorer et encourager ces choses chez d’autres. j’ai fait la lumière sur une grande part des choses qu’on m’avait enseignées, pour voir si elles m’y aideraient. ce fut une époque à la fois magnifique et terrifiante. (je suis maintenant heureuse de sentir cette renaissance au réveil, le matin ; pas tout le temps, mais souvent.) de l’extérieur, ma vie n’a pas changé autant que je m’y étais pleinement préparée, mais les changements intérieurs ont modifié ma relation à bien des choses.

Il y a eu ce livre très déterminant que j’ai emporté dans mes bagages en partant pour l’Inde. Il a eu sur moi un effet pénétrant et m’a permis d’atteindre mes vérités les plus profondes. Ce bouquin, c’était Conversations avec Dieu, tome 1, de neale donald walsch. une amie à moi me l’a donné juste avant mon départ. je crois qu’elle a vu dans quel espace j’étais et a senti que cet ouvrage pouvait m’offrir l’encouragement et les vues que j’étais prête à recevoir. il m’a offert cela et bien davantage.

En l’ouvrant, je me suis immédiatement sentie moins seule… et mieux comprise. affirmée. moins folle. j’ai versé plus d’une larme de reconnaissance en le lisant. je me suis sentie validée, inspirée et réconfortée. reliée à toute la vie et encouragée. reconnue. le dieu qui se manifestait dans ces pages, c’était celui que j’avais toujours vu, avec son amour inconditionnel, sa pensée cohérente et son absence d’attentes. j’avais l’impression de revenir au bercail.

Je sais que ce livre m’est apparu exactement au bon moment dans ma vie. je sais aussi que le fait d’avoir un tel compagnon aurait pu m’épargner bien des périodes de souffrance et d’isolement inutiles au cours des années précédentes.

Je suis si heureuse de savoir que ce volume est disponible maintenant, que tu peux le lire, si tu le décides, à cette étape de ta vie. Et je suis très heureuse de savoir qu’à présent, une version de ce message est à la portée des jeunes.

Je souhaite qu’il te touche de la même façon qu’il m’a touchée, comme tous les ouvrages de la série Conversations avec Dieu, et que bien des gens, de toutes les générations, soient fiers et soulagés de savoir que tu fais désormais partie des créateurs d’avenir.

Je te serre très fort dans mes bras pour avoir le courage et l’ouverture nécessaires à la lecture d’un tel livre. et je te remercie à profusion de ta future contribution à cette planète, sous quelque forme que ce soit. qu’elle te semble grandiose ou d’une douce simplicité, je t’en remercie.

Et je suis sûre que le monde te remercie à son tour d’être exactement qui tu es, maintenant.

Prends bien soin de toi,
je t’envoie beaucoup d’amour,

Alanis Morissette
Tiré du livre Conversation avec Dieu pour adolescents

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
www.alchymed.com/articles.asp?id_article=72

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